"La jf et la mort", 100x80 cm, acrylique et crayon graphite sur toile, 2026
Une œuvre originale et unique, livrée avec:
Un certificat d'authenticité numéroté et signé
Le livret imprimé de son histoire
Un emballage protégé.
Disponible en tirage giclée signé, 40x30 cm, édition limitée, dans boutique - tirages.
" Je m’en rappellerai toujours. Cette année-là on patrouillait par deux.
Le chef m’avait collé Vic-la-Guigne pour tout l’été. Je supportais son
haleine de vieux whisky irlandais et de tabac à chiquer, pendant qu’il
se plaignait de son gendre, de la ferme et de ses quatre filles.
On nous avait signalé une disparition une heure plus tôt, alors on
patrouillait avec plus ou moins de zèle dans les zones marécageuses,
autour des étangs à grenouilles.
Je sais plus bien pourquoi on s’est arrêtés. Vic devait sans doute
évacuer son bourbon, et moi avec la goutte que je me traînais depuis
des mois, j’ai suivi le mouvement. C’est là qu’on l’a vue.
Elle était couchée en position fœtale, les yeux mi-clos, les cheveux
teintés d’un roux chatoyant. Mais c’est pas ça qui m’a surpris. Autour
d’elle, tout avait repoussé, comme si la nature avait décidé qu’elle
ferait maintenant partie du décor. D’étranges fleurs bleuâtres avaient
développé leurs formes capricieuses, comme sorties de la fille.
Vic est arrivé en rotant, et l’air profondément désolé, quoiqu’un brin
émerveillé, lui aussi, par l’étonnant tableau que représentait cette
scène morbide, il a déclaré : "Je crois bien qu’on a affaire à un
esthète." “
